Shirley Goldfarb

Shirley Goldfarb (1925-1980) appartient à la seconde génération d'artistes expressionnistes américains. Après avoir fait des études de comédie à l'American Academy of Dramatic Arts de New York pendant quelques mois, elle travaille finalement à l'Art Students League où elle rencontre son mari, Gregory Masurovsky, dessinateur et graveur. Elle part avec lui en 1954 à Paris, pour trois mois, et s'y installe définitivement. Là, elle fréquente John Hutlberg, Sam Francis, David Hockney, Paul Jenkins, Joan Mitchell, Yves Klein, Man Ray ou encore Yves Saint-Laurent. Le galeriste Paul Facchetti présente en 1956 sa première exposition personnelle. C'est de manière abstraite qu'elle aborde sa peinture, et à travers son langage visuel, elle peut s'affranchir de tout modèle et laisser libre cours à son imagination. « Je suis Shirley personne. Je suis mon propre événement. » « Quand je fais face à cette toile de deux mètres sur trois, avec ses taches de couleurs et ses espaces blancs vides, et que je la touche avec mon couteau chargé de peinture, c'est la part de moi que j'aime » explique-t-elle dans son journal. Shirley Goldfarb tient un journal entre 1971 et 1980. Son adaptation au théâtre en 2000 par Caroline Loeb avec Judith Magre dans le rôle de Shirley confirme sa notoriété auprès du grand public et dévoile une artiste en proie à la solitude dans un Paris des années 1970 empli de frivolité et d'insouciance. Shirley Goldfarb y parle de ses rencontres avec Francis Bacon, David Hockney, Andy Warhol, Yves Saint-Laurent, Michel Butor, sa tendresse pour Gregory Masurovsky, son compagnon de vie, de la cruauté et de l'indifférence du monde de l'Art, du luxe, de la misère, d'un sens aigu du destin... Son journal permet de suivre autant son travail de peintre que sa vie empreinte de difficultés. C'est un regard de femme qu'elle jette sur un Paris qu'elle aime, celui du milieu des artistes et de la mode de la Rive gauche, dont elle dresse les portraits et les rêves de succès. Caroline Loeb dit à son propos : « Quand j'avais seize ans et que je la croisais aux vernissages des galeries de Saint-Germain-des-Prés, c'était d'abord un personnage. Flanquée de son mari Gregory et de sa chienne Sardi, elle m'impressionnait à toutes les fêtes. à tous les événements mondains. Je me souviens de la légère condescendance ou des railleries dont elle était l'objet. Et pour cause. Elle était artiste-peintre et elle ne vendait pas, ou en tout cas, pas beaucoup. Péché suprême : elle était fauchée. Naviguant dans la jet set des années soixante-dix, elle transformait en dandysme la dureté de sa vie, et s'auto-proclamait ‘pique-assiette professionnelle' ».

  • 1977

    , 1977

    , huile sur toile

    , 200 x 300 cm

  • Sweet spring

    , 1972

    , huile sur toile

    , 200 x 300 cm

  • Sans titre

    , 1958

    , huile sur toile

    , 25 x 20 cm

  • Sans titre

    , 1961

    , gouache sur papier

    , 44 x 58 cm

  • Sans titre

    , 1961

    , gouache sur papier

    , 44 x 58 cm

  • Sans titre

    , 1961

    , gouache sur papier

    , 44 x 58 cm

  • Sans titre

    , 1961

    , gouache sur papier

    , 44 x 58 cm

  • Sans titre

    , 1961

    , gouache sur papier

    , 44 x 58 cm

  • Sans titre

    , 1962

    , huile sur toile

    , 20 x 13 cm

  • Parade

    , 1966

    , huile sur toile

    , 200 x 300 cm

  • Red painting

    , 1954

    , huile sur toile

    , 195 x 113 cm

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