Jérémie Lenoir

Dust

Je me suis longtemps demandé quelle était ma légitimité à parler du paysage en tant que photographe, quelle oblique pouvait tracer ma sensibilité dans la vision, la compréhension ou la restitution d’un élément aussi concret et connu. Ma seule certitude, après quelques années à l’arpenter, est que le prisme de nos individualités, de notre histoire et de notre culture occidentale lui interdit toute unanimité, le préserve de toute affirmation dogmatique : il n’existe pas de Vérité du paysage. Là est peut-être tout l’intérêt et la complexité de cette notion. Là se trouve probablement le désir d’exploration et l’espace de création de l’artiste. Le paysage reste une interprétation du réel, une traduction de notre monde par le langage ou l’image, un prélèvement subjectif dans lequel s’entremêlent les éléments physiques qui le composent, le temps qui le façonne, et l’émotion de celui qui le regarde. L’imbrication de ces trois facteurs gravitant selon leurs propres lois constitue l’heuristique de mon travail et la ligne directrice de la nouvelle série Dust. Réalisé entre 2015 et 2017 à Salt Lake City, Dust éprouve notre rapport au paysage et aux images, et pose la question du « réalisme » dans le sens, les discours et les représentations de notre contemporanéité.

 

Jérémie Lenoir (extrait de sa note d'intention pour Dust)

  • #6561322, Salt Lake

    , 2017

    , Tirage direct dur Dibond

    , 120 x 120 cm

  • #6560710

    , 2017

    , Tirage direct dur Dibond

    , 60 x 60 cm

Cliquez sur l’image pour l'agrandir