Evénements

Les Rencontres sur la fraternité

Jean-Paul Kauffmann

05 février 2020

Jean-Paul Kauffmann, qui a été otage du Hezbollah au Liban entre 1985 et 1988, parle très peu de sa captivité. Pourtant, invité des Rencontres de la Galerie Guillaume, cette année sur le thème de "la fraternité", il est revenu longuement sur ces trois années qui ont marqué sa vie. Il nous dit qu'il a eu le sentiment d'avoir été abandonné par sa nation qui porte pourtant au fronton de ses édifices justement le terme de "fraternité". "Enchaînés physiquement avec les autres otages", Jean-Paul Kauffmann nous raconte que ces "liens fraternels" ont continué après sa libération, ainsi qu'avec d'autres otages avec lesquels il n'avait pourtant pas été enfermé. Mais surtout, sa captivité, et celle de Marcel Fontaine, Marcel Carton et Michel Seurat, fut l'occasion d'une énorme médiatisation, d'une cause nationale, et là, Jean-Paul Kauffmann évoque une vraie fraternité, que nul autre pays sinon la France n'avait connue à ce point. Pour lui, "La France, pays des révolutions, s'est révélé à part des autres nations, qui n'ont jamais traité le cas de leurs otages d'une telle façon". "Aujourd'hui, qu'en est-il de cette fraternité ?" conclut Jean-Paul Kauffmann. Il veut rester optimiste même s'il déplore l'oubli dans lequel est tombé le cas de Sophie Pétronin, enlevée au Mali depuis 2016, que peu d'entre nous connaissent...
 

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Vernissage Yves Lévêque

Les oiseaux parfument les bois

29 janvier 2020

Ils étaient nombreux les amis et les admirateurs d'Yves Lévêque à assister au vernissage de sa nouvelle exposition à la galerie. Une joyeuse ambiance règnait, tous étant heureux de revoir l'artiste et de découvrir ses dernières œuvres, d'une fraîcheur et d'une jeunesse étonnantes. Tous ont plongé dans les grands formats, somptueux, aux couleurs chatoyantes, à l'allure de tapisseries seigneuriales. "Les oiseaux", sujet de cette nouvelle série, ne sont pas évidents à trouver.... Certains les on cherchés longtemps, tant ils se cachent dans les arbres de cette nature rêvée. Il s'agit de la dixième exposition personnelle de l'artiste organisée par la galerie. 

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Les Rencontre sur la fraternité

Clotilde Noël

08 janvier 2020

Clotilde Noël, incroyablement humble, n'aime pas que l'on dise que sa vie est extraordinaire. Pourtant, elle l'est. Clotilde Noël était l'invitée des Rencontres de la Galerie Guillaume, cette année sur "la fraternité", et son témoignage a été particulièrement touchant. Mariée à Nicolas en 1999, ils ont ensemble six enfants. En 2004, une question traverse l'esprit de Clotilde : "Et si nous allions chercher un enfant qui serait déjà là et qui aurait besoin d'une famille ?" À peine éclose, l'idée de l'adoption lui apparaît évidente. Nicolas répond favorablement à ce projet. En fait, ce sont trois adoptions qui se succèdent en quelques années : en 2013,  Marie, atteinte d'une trisomie 21, en 2017 Marie-Garance, lourdement polyhandicapée, et en 2019 Frédéric qui a une maladie du cervelet. Clotilde Noël a raconté aux participants de la soirée, captivés et médusés, l'incroyable parcours de sa famille, et l'intégration de ces trois enfants "hors normes" parmi la fratrie des six autres. Elle a écrit trois beaux livres sur cette aventure humaine : "Tombée du nid", qui est maintenant un best-seller, « Petit à petit » et "Risquer l'infini". 
 







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Rencontre avec Martin Steffens

Qui nous fera voir le bonheur ?

07 janvier 2020

Dans le cadre de l'exposition de François-Xavier de Boissoudy "Béatitude" (qui est prolongée jusqu'au 25 janvier 2020), le philosophe Martin Steffens a donné une conférence passionnante à la galerie le mardi 7 janvier 2020 sur le thème "Qui nous fera voir le bonheur ?". Martin Steffens est professeur agrégé de philosophie. Il est notamment spécialiste de la philosophe Simone Weil. Il est chroniqueur dans le quotidien La Croix et pour l'hebdomadaire La Vie, et l'auteur de très nombreux livres de référence dont "Petit traité de la joie" (Marabout), "L'éternité reçue" (Desclée de Brouwer), "L'amour vrai" (Salvator) etc. Martin Steffens a écrit le très beau texte du catalogue de l'exposition "Béatitude" de François-Xavier de Boissoudy.













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Les Rencontres sur la fraternité

Véronique Fayet

11 décembre 2019

Véronique Fayet, première femme présidente du Secours Catholique en France, fait partie de ces gens dont l'engagement pour les autres et la vie se confondent. Avec une bonne dose d'humilité en plus... Elle était l'invitée des Rencontres de la Galerie Guillaume sur "la fraternité". L'engagement de Véronique Fayet s'enracine dès l'enfance : son père, militaire, lui donne d'abord le sens du service et du devoir. À 12 ans, elle est profondément marquée par le témoignage de l'Abbé Pierre qui intervient dans son école. Elle s'engage plus tard dans l'association ATD Quart Monde fondée par le Père Wrezinski. Puis vient le temps de l'engagement politique : 25 années aux côtés de Jacques Chaban-Delmas et d'Alain Juppé à Bordeaux où elle est chargée de l'action sociale et de la lutte contre l'exclusion, entre autres missions. En 2015, Véronique Fayet avait à peine décidé de quitter la vie politique "pour se reposer un peu" que le Secours Catholique lui demande d'être sa présidente... Femme de devoir, très altruiste, une foi chrétienne bien chevillée au corps, elle accepte cette nouvelle charge importante, service de l'Eglise de France. Véronique Fayet nous fait un état des lieux de la pauvreté en France : 9 millions de personnes dont 3 millions d'enfants vivent en situation de pauvreté. Plus qu'une situation économique, "la pauvreté signifie l'exclusion, la violence sociale du regard des autres, le sentiment de ne plus pouvoir agir sur sa propre vie". Pour elle, il faut engager une véritable "Révolution fraternelle" (titre du livre qu'elle vient d'écrire aux Éditions Indigènes), par exemple en combattant les préjugés sur la pauvreté ou en créant des actions territoriales pour le retour vers l'emploi de personnes pour retrouver déjà un peu de dignité.









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François-Xavier de Boissoudy

"Béatitude"

Du 28 novembre au 25 janvier 2020

C’est donc une histoire particulière. Celle d’un peintre à qui l’on demande de créer autour du thème des Béatitudes. Cela laisse entendre un autre thème : le bonheur. Car les Béatitudes, celles que Jésus prononce en haut de la montagne, commencent chacune par cette déclaration : « Heureux les pauvres de cœur… Heureux les assoiffés de justice… Heureux les cœurs purs… Heureux ceux qui pleurent… »
    Le peintre résiste un peu. Ou plutôt, non, il ne résiste pas. Il fait simplement un pas de côté. D’abord, il n’entend pas illustrer les Béatitudes. Il ne mettra pas en tableaux les images que Jésus peindra avec son sang : « Heureux si l’on vous persécute… ». Ensuite, pour ce qui est du bonheur, il en emprunte le chemin le plus difficile, le moins indiqué, le plus escarpé. Il peint la vie conjugale.
    C’est l’histoire d’un homme qui s’en va dans son atelier, ou dans l’appartement qui en tient lieu. Il se retrouve seul face à la commande qui lui a été faite. Mais le voilà, déjà, qu’il se conjugue. Il y met une autre, ou quelques autres. Le peintre invite à une danse, ou autour d’une table, et même au pied d’un autel. Il ne veut du bonheur que partagé, c’est-à-dire risqué. Il entend dans les Béatitudes l’homme et la femme, l’Ève et l’Adam. C’est eux qu’on persécute, et qui se persécutent et que, pourtant, il faut déclarer « heureux ». C’est eux qui pleurent et c’est leur cœur, au contact l’un de l’autre, qui acquiert pureté et pauvreté…
 
Martin Steffens 
(extrait du texte du livre-catalogue de l’exposition, Editions de Corlevour)

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